jeudi 24 mai 2012

De rouille, d'os et de yaourts...

"De rouille et d'os" devrait normalement avoir les faveurs du Festival de Cannes et remporter un ou plusieurs prix. On pensera bien sûr à Marion Cotillard et à Matthias Schoenaerts qui sont, certes, tous les deux excellents. 

En revanche, Corinne Masiero qui joue Anna, le rôle de la sœur du personnage interprété par Matthias Schoenaerts, sera probablement oubliée du palmarès, puisqu'il n'existe pas, comme aux Césars, de prix pour les seconds rôles. 

Pourtant, même si son personnage est secondaire, il joue un rôle majeur dans ce film. Masiero se glisse en effet dans le rôle d'une caissière de supermarché avec une justesse extrême. Comme son personnage, elle est bouleversante de sobriété, de retenue et d'authenticité.

Combien d'hommes et de femmes dans les pays "riches" que nous sommes - c'est ce que disent les économistes, tout en affirmant en même temps que nous sommes criblés de dettes...(je n'ai donc toujours pas compris...) vivent dans des conditions identiques à celles d'Anna ?

Si l'accident de Stéphanie qui lui coûte ses jambes est la partie la plus visible du film (sauf pour ses jambes qu'on ne voit plus, justement...), la description par Audiard du monde de la précarité qui sous-tend le film en permanence est magistrale et tout aussi, voire plus "spectaculaire" encore. Masiero y est pour beaucoup.

Après avoir vu "De rouille et d'os", vous ne devriez plus regarder les dates de péremption des yaourts de la même façon.









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